Colloque 24-27 Octobre 2013 « Incidences subjectives du bilinguisme »

COLLOQUE

CREOLE FRANÇAIS AUX ANTILLES

24-27 OCTOBRE 2013

GUADELOUPE

INCIDENCES SUBJECTIVES DU BILINGUISME

 

Depuis plus de vingt ans, les psychanalystes exerçant aux Antilles au sein du GAREFP et de L’ALI-Martinique devenue depuis 2 ans ALI-Antilles, ont élaboré à partir de leur clinique un important travail avec Charles Melman, psychanalyste, sur la question  du lien social et de l’inscription de la psychanalyse aux Antilles.

Comme nous le savons depuis Freud la psychanalyse est une cure par la parole.  En créole, il est dit pawol en bouch pa chaj*. Comment la psychanalyse peut-elle opérer à partir  d’une parole en langue créole ?

La langue de l’intimité qui naît  dans les premières relations mère-enfant charpente le corps, en fait un corps de parole. C’est une langue première qui ne peut être contre-dite. Elle inscrit une grammaire, un nombre, la différence des sexes. Elle assure ensuite d’une génération à l’autre la transmission de la connaissance. Aux Antilles quelle est la langue des apprentissages, quelle est la langue qui inscrit dans le lien social ? Dans  quelle langue se tisse  la parole ? Est-ce le créole, est-ce le français, est-ce  une langue autre, qui nouerait l’économie subjective dans une continuité entre ces deux langues ? Dans quelle langue se soutient le désir ?

Qu’advient-il quand, structurée en créole, la parole cherche son assise dans la langue française ou l’inverse ? Dé towo pa ka koumandé on menm savann**! Dans les apprentissages, dans les cures psychanalytiques, dans le lien social, quels sont les effets de ces deux langues ? La violence verbale ou physique prégnante dans le lien social est-elle la résultante d’une langue en souffrance dans l’autre langue ?

L’ALI-Antilles invite psychanalystes, psychologues, linguistes, sociologues, écrivains, artistes, enseignants, médecins… à participer à l’élaboration de ces questions telles qu’elles se posent à partir du bilinguisme créole français, en Guadeloupe et en Martinique.

La rencontre organisée par l’ALI-Antilles sur les incidences subjectives de ce bilinguisme aura lieu les 24, 25, 26, 27 Octobre 2013 en Guadeloupe.  En Guadeloupe où « les guadeloupéens ont depuis très longtemps, très progressivement,  ont été très ancrés dans leur culture créole, dans leur langue créole» comme le soulignait le linguiste Jean Bernabé lors de l’une de nos rencontres préparatoires.

Nous aurons ainsi à débattre de questions complexes, peut être mieux lisibles aux Antilles, qui  concernent nous dit Charles Melman, «des problèmes généraux de notre rapport à la langue et à l’habitation qu’elle nous donne en tant que parlêtre».

 

*    la parole dans la bouche ne pèse pas lourd.

** deux taureaux ne commandent pas la même savane 

Responsables: Roberte Copol-Dobat  0596602585, Marie-Josée Emmanuel, Jeanne Wiltord