Bienvenue sur le site de l’ALI Antilles

L’Ecole Régionale ALI-Antilles, a été fondée en Juillet 2011 par des psychanalystes, praticiens en Martinique et en Guadeloupe. Elle est affiliée à l’Association Lacanienne Internationale (ALI) et son objectif est de participer à la transmission de la psychanalyse.

Il n’est pas anodin que cet acte de fondation soit posé l’année où l’ALI a mis à l’étude de son séminaire d’été, le séminaire de J. Lacan, « Les non-dupes errent ».

La clinique à laquelle ont affaire les psychanalystes dans les sociétés antillaises structurées par une colonisation esclavagiste et racialisée, est une clinique où la mère occupe une position centrale dans les processus de l’Inconscient et où sont repérables les conséquences subjectives de la distorsion des lois de la parole et du langage imposée par cette colonisation.

L’école régionale se propose de poursuivre le travail engagé avec Charles Melman à partir de cette clinique, depuis plusieurs années. Elle institue un lieu d’enseignement, de lecture et d’étude des textes fondamentaux de la psychanalyse, ceux de Freud, de Lacan et de quelques autres, ainsi qu’un lieu d’élaboration des questions posées à la psychanalyse par la clinique actuelle. Y seront en particulier travaillées les modalités topologiques selon lesquelles peuvent se nouer pour faire structure pour le sujet, les catégories du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire dégagées par Lacan.

L’enseignement de l’Ecole pourra tirer bénéfice des enseignements proposés par l’Association lacanienne Internationale.

À l’étude des textes psychanalytiques, s’adjoindront celle de travaux de linguistes, en particulier ceux qui ont pour objet d’étude la langue créole ainsi que le bilinguisme créole et français ; celle de travaux d’anthropologues, d’historiens, de juristes et d’économistes.

L’enseignement de l’Ecole est ouvert à ceux, psychanalystes ou non, qui sont intéressés par la psychanalyse.
La demande d’inscription se fait auprès d’un membre du bureau de l’École Régionale. Celle-ci ne confère pas la fonction de praticien de la psychanalyse qui est obtenue par une démarche auprès de l’Association Lacanienne Internationale.

Difficultés à entrer dans le lire et l’écrire: une phobie. Marika Bergès – Bounes, juin 2011

Au moment des vacances de la Noël, Ulysse, un garcon de 6 ans et demi,
en C.P., pleura: « je veux pas aller en vacances! Je veux rester à l’école avec mon maître pour apprendre à lire et à écrire! ». Cet enfant a investi la pensée, son enseignant, l’acte de lire et d’écrire et les vacances sont pour lui « du temps perdu ». L’apprentissage de la lecture s’est fait sans heurts, avec plaisir, et à la Noël, la lecture est « en place », comme le dit l’école. Parallèlement, le matin, il se lève sans grogner, se prépare dans les temps pour être à l’heure dans sa classe. Lire la suite

Clôture des « VI° journées Autour du Lien Social » Charles Melman, octobre 2011

Victor Lina : Je passe la parole à Charles Melman qui va nous présenter des perspectives, sur un sujet qu’il va…déflorer (rires de la salle) tout de suite…(rires).
Charles Melman : Rassurez-vous, je vais seulement l’effleurer (rires), comme ça on restera dans la convivialité…voilà !

Il m’arrive souvent, ne serait-ce que pour le fun, de commencer comme ça un propos en m’adressant aux amis qui sont là en disant « mes chers camarades » évoquant par là, le fait que dans le meilleur des cas, nous sommes entrain de naviguer ensemble sur le même bateau et de ramer dans le même sens, ce qui n’est pas toujours le cas bien sûr! Il m’arrive aussi de dire « mes chers amis » ce qui est souvent dit par antiphrase, je veux dire compte-tenu des sentiments contre-transférentiels qui sont ordinaires, je dirais, vis-à-vis desquels il ne faut aucunement s’insurger. Lire la suite

Habiter le pan d’un grand désastre, Jeanne Wiltord, avril 2008

Je remercie, Mme Suzanne Ravis et M. Georges Aliker de m’avoir transmis
certains documents sans lesquels je n’aurais pas pu écrire ce texte.
« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le
colonisateur à l’abrutir au sens propre du mot… et montrer que chaque fois qu’il y a au Viêt-Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère… il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. »A. Césaire, Discours sur le colonialisme (1950) Lire la suite

Les békés, maîtres et pères? Jeanne Wiltord, juillet 2010

La société martiniquaise a à répondre à des questions auxquelles est confrontée chaque société humaine: Comment vivre ensemble? À quelles conditions peut s’établir et se maintenir un lien social apaisé?

Le discours collectif actuel ne cesse pas de faire entendre une douleur insistante, liée aux conditions historiques qui ont donné naissance à notre société à travers une colonisation esclavagiste et racialisée. »
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