Les békés, maîtres et pères? Jeanne Wiltord, juillet 2010

La société martiniquaise a à répondre à des questions auxquelles est confrontée chaque société humaine: Comment vivre ensemble? À quelles conditions peut s’établir et se maintenir un lien social apaisé?

Le discours collectif actuel ne cesse pas de faire entendre une douleur insistante, liée aux conditions historiques qui ont donné naissance à notre société à travers une colonisation esclavagiste et racialisée. »
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Bienvenue sur le site de l’ALI Antilles

L’Ecole Régionale ALI-Antilles, a été fondée en Juillet 2011 par des psychanalystes, praticiens en Martinique et en Guadeloupe. Elle est affiliée à l’Association Lacanienne Internationale (ALI) et son objectif est de participer à la transmission de la psychanalyse.

Il n’est pas anodin que cet acte de fondation soit posé l’année où l’ALI a mis à l’étude de son séminaire d’été, le séminaire de J. Lacan, « Les non-dupes errent ».

La clinique à laquelle ont affaire les psychanalystes dans les sociétés antillaises structurées par une colonisation esclavagiste et racialisée, est une clinique où la mère occupe une position centrale dans les processus de l’Inconscient et où sont repérables les conséquences subjectives de la distorsion des lois de la parole et du langage imposée par cette colonisation.

L’école régionale se propose de poursuivre le travail engagé avec Charles Melman à partir de cette clinique, depuis plusieurs années. Elle institue un lieu d’enseignement, de lecture et d’étude des textes fondamentaux de la psychanalyse, ceux de Freud, de Lacan et de quelques autres, ainsi qu’un lieu d’élaboration des questions posées à la psychanalyse par la clinique actuelle. Y seront en particulier travaillées les modalités topologiques selon lesquelles peuvent se nouer pour faire structure pour le sujet, les catégories du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire dégagées par Lacan.

L’enseignement de l’Ecole pourra tirer bénéfice des enseignements proposés par l’Association lacanienne Internationale.

À l’étude des textes psychanalytiques, s’adjoindront celle de travaux de linguistes, en particulier ceux qui ont pour objet d’étude la langue créole ainsi que le bilinguisme créole et français ; celle de travaux d’anthropologues, d’historiens, de juristes et d’économistes.

L’enseignement de l’Ecole est ouvert à ceux, psychanalystes ou non, qui sont intéressés par la psychanalyse.
La demande d’inscription se fait auprès d’un membre du bureau de l’École Régionale. Celle-ci ne confère pas la fonction de praticien de la psychanalyse qui est obtenue par une démarche auprès de l’Association Lacanienne Internationale.

Fils à Colbert. Marie-Berthe Emmanuel, octobre 2011

Edouard Glissant, écrivain, philosophe martiniquais déclare dans « Le Discours antillais » paru en 1981: « On ne peut réfléchir l’attitude sexuelle générale des Martiniquais, ni même déterminer s’il y en a une de spécifique, si on ne se réfère à un point zéro qui est bien celui de la vie sexuelle à la première époque de la formation du peuple martiniquais».

Ainsi dans le fil de cette idée, il est possible de penser que le signifiant « Colbert » ou « Fils à Colbert », nom sous lequel se présente l’amoureux éconduit héros de la nouvelle « Le coiffeur » n’arrive pas incidemment sous la plume de Salvat Etchart, écrivain aux convictions anticolonialistes.

Cette nouvelle extraite d’un recueil d’abord intitulé « Une bonne à six » paru aux éditions Julliard en 1962 a été écrite pendant un séjour d’un an à Rennes après son renvoi de l’ORTF Martinique où, animateur, il avait ouvert son micro à Alain Plénel, recteur de l’époque, qui avait plaidé en faveur des insurgés des évènements de décembre 1959 en Martinique.

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Quand l’imaginaire nomme. Jeanne Wiltord, octobre 2011

Au cours de l’intervention qu’il a faite en 1990 à la Maison de l’Amérique latine à Paris,  intitulée « Le complexe de Colomb » et publiée dans l’ouvrage collectif « D’un inconscient post-colonial s’il existe», C. Melman souligne  que la situation coloniale a confronté chacun de ceux qui s’y est trouvé, non pas à une réalité familière, mais à un réel angoissant qui menaçait leurs repères identitaires.

Nommer ce réel a été une première opération nécessaire  pour tenter de le maîtriser, de le rendre familier. Cette opération de nomination a été effectuée par les colons  à partir des noms qui leur étaient familiers.

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D’une clinique qui ne serait pas occulte. Nicole Ranély, octobre 2011

D’une clinique qui ne serait pas occulte…occulte de « ce trou dont on hérite et qui nous dévore »! D’une clinique qui saurait prendre le pli d’errer, à l’écoute du réel dont elle serait néanmoins quelque peu dupe !

Ce n’est pas la question du mensonge qui est le véritable problème. La véritable question, nous dit Lacan, est celle de l’erreur. Errare humanum est sed persevare diabolicum! Si l’errance est enfant de l’impossible, la compulsion à répéter l’erreur, vous me l’accorderez, convole avec le diable, celui-là même qui désunit, qui sépare, qui divise…une figure vieille comme le monde qui, depuis la Genèse, tisse des liens d’amitié avec la créature de Dieu. On chute, je l’avoue, un peu abruptement de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal, de la vérité et derrière elle…ce qui est caché…l’occulte.